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Article Sud-Ouest du 09-10-2011 par Delphine Lamy

L'arrière-petit-fils de potier ferme son atelier

Liquidation totale pour Frédéric Marzat à cause du manque d'activité

Malgré la fermeture de sa poterie, Frédéric Marzat garde le sourire car d'autres perspectives professionnelles l'attendent. PHOTOS D. L.

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«Je préfère jeter l'éponge avant de crouler sous les dettes. » Lucide, Frédéric Marzat arrête les frais. « Il me reste quelques pièces à faire cuire. Après, j'éteins mon four. » À cause du manque d'activité, il va fermer son atelier de potier à la fin de l'année. Une fermeture définitive précédée, à partir du 15 novembre, d'une liquidation totale de milliers de pièces exposées dans un magasin flambant neuf. « Ouvert il y a deux ans, il n'a jamais vraiment fonctionné », confie l'artisan.

La perte de marchés et la raréfaction de débouchés, ces derniers mois, l'ont convaincu de tout stopper. « Des commandes ont été plusieurs fois repoussées, à tel point que je n'ai peut-être travaillé que deux semaines depuis juin… » Crise économique, nouveaux modes de consommation, flambée du gaz et concurrence internationale ont eu raison de cette saga familiale enracinée au Pont du Noble.

Années d'or
Lui-même fils de potier, René Marzat, le grand-père de Frédéric, s'installe en 1939 dans ce petit village de Reignac, à deux pas de la nationale 10. Spécialisé dans les poteries culinaires, jattes et diables charentais, le travail est alors entièrement manuel.
Dès les années 50, René Marzat décide d'automatiser la fabrication de godets en terre pour les jardiniers. Dans les années 90, la société continue d'investir dans de nouveaux équipements : four, presse, machines à mouler dont les plus performantes produisent jusqu'à 300 pièces à l'heure.

Dans un coin de l'atelier subsiste le tour traditionnel. Parallèlement, Frédéric, jeune titulaire d'un BTS en céramique décroché au lycée de Vierzon, monte avec son père, Michel, une Sarl. « À l'époque, on travaillait bien. Les perspectives étaient encourageantes avec de gros marchés sur la côte. » L'atelier fabriquait alors plus de 100 tonnes de poteries par an.
Mais peu à peu, avec le temps, la machine s'est enrayée, jusqu'au licenciement en 2006 des deux derniers salariés de la maison.

Ils ont tout essayé 
Pourtant, Frédéric et son épouse Nathalie, qui décore chaque pièce à la main, n'ont pas voulu baisser les bras. Ils ont multiplié les initiatives : site Internet, portes ouvertes, visites guidées et, dernièrement, l'aménagement d'un nouveau magasin agrémenté de produits d'artisanat local. Frédéric a expérimenté des couleurs d'émaux « plus tendances », du vert anis au rouge vermillon, pour recouvrir la poterie culinaire comme celle du jardin. Jusqu'à cette année, il a mis au point des produits innovants et enrichi sa gamme. Au milieu du magasin, une nouvelle forme de cocotte, adaptée aux fours modernes, trône à côté des diables charentais adaptés aux fours à micro-ondes. « Mais cela n'a pas suffi pour relancer l'activité », constate le potier. À 43 ans, il garde le sourire car dans sa tête comme dans les faits, la page est déjà tournée. Passionné d'informatique depuis l'âge de 14 ans, il a monté sa boîte de dépannage en août 2010, et anime la rentrée des formations à la Chambre des métiers et de l'artisanat de la Charente.

Delphine Lamy

Poterie Marzat, Le Pont du Noble, à Reignac. Liquidation totale avant fermeture à partir du mardi 15 novembre. Ouverture du mardi au vendredi, de 14 à 19 heures, et le samedi, de 9 à 12 heures et de 14 à 19 heures. Contact : 05 45 78 52 36.
 

Article de la Charente Libre paru le 10-11-2011 par Jean-Yves Delage


REIGNAC : Au "Pont du Noble", la famille Marzat cesse l'activité poterie

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« En 1939, mon grand-père René, fils d'un ouvrier potier achetait au « Pont du Noble » sur la commune de Reignac une distillerie pour s'y installer à son compte, mais comme potier, relatait, ce mercredi, Frédéric Marzat. C'était la pleine époque des poteries culinaires qui voyaient se tourner à la main « diables charentais » pour y cuire à sec pommes de terre et châtaignes et célèbres « pots à mojettes ». Trois générations s'y sont succédées de père en fils, ont su investir et évoluer en introduisant au quotidien toutes les nouvelles techniques modernes. Mais, un peu plus de sept décennies plus tard, le petit-fils a pourtant décidé de fermer définitivement l'activité le 31 décembre prochain. 

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«Il m'est arrivé parfois de recevoir à l'entrée de l'automne voilà quelques années des commandes de 2 000 « diables » se souvient Frédéric. Nous faisions facilement face grâce aux stocks mais nous étions aussi cinq salariés. »

Un BTS de céramique industrielle passé à Vierzon (18), dans la seule école de l'hexagone qui le prépare,et en 1991, la petite vingtaine, Frédéric rejoint son père Michel au sein de l'entreprise : ils créent alors la SARL Marzat et fils . « Depuis les années 80, la société a investi dans un four moderne, des presses, une machine à mouler pour faire face à la concurrence venue de Chine, Inde, Madagascar, reconnaît le potier.

Pendant 10 ans, le duo a développé une gamme de poteries de jardin résistantes au gel. « Il ne faut pas non plus occulter le travail des femmes dans le développement de la poterie Marzat » confie Frédéric Marzat en regardant son épouse. Ma grand-mère Mireille a laissé son activité de couturière pour se lancer dans le décor des faïences à la main, une activité perpétuée par ma mère Mireille puis actuellement par mon épouse Nathalie. Parmi les motifs préférés, des guirlandes de fleurs bleues et le panier bleu baignois.

Face à la chute des commandes et des ventes qui se poursuit, en fin 2009, le couple ouvre un nouveau hall d'exposition, lumineux qui accueille la production avec de nouvelles couleurs d'émaux ainsi que des produits de quelques artisans locaux. « Cette année, c'est le coup de frein total, les modes passent, il faut accepter» concluent les deux époux.

Se pencher avec nostalgie sur le passé n'est pas le principe de Frédéric , passionné aussi d'informatique depuis l'âge de 14 ans. « Il faut savoir se tourner vers l'avenir, accepte-t-il. Je donne déjà des cours à la Chambre des métiers de la Charente comme formateur vacataire sur le thème « créer son site internet ». L'opportunité aussi de développer maintenant « Marzat informatique 16 » née en août 2010 et qui propose maintenance, dépannage à domicile, création de sites, protection de données pour les particuliers comme les entreprises.

 

Poterie Marzat « Le Pont du noble » Reignac liquidation totale avant fermeture à partir du 15 novembre mardi au samedi 14H/19H et le samedi matin 9H/12H



 
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